Jordi Savall (Igualada, 1941) a vécu jeudi soir un moment qui entre déjà dans l’histoire musicale européenne : ses débuts à la tête de la Berliner Philharmoniker, l’un des orchestres les plus prestigieux au monde. À 84 ans, Savall devient le chef d’orchestre le plus âgé à diriger cette formation depuis sa création en 1882, un événement qualifié par la presse allemande et catalane d’ « historique », de « raffiné » et d’« extraordinaire ».

© Lena Laine
Dans l’acoustique immersive de la grande salle de la Philharmonie de Berlin, « les sons coordonnés par la baguette de Jordi Savall s’élèvent devant un public réputé exigeant », écrit La Vanguardia. Le grand maître catalan, « visionnaire passionné de la récupération active du répertoire ancien », débute à la tête de l’orchestre titulaire lors de trois concerts consécutifs qui ont été accueillis par de longues ovations et un enthousiasme unanime. Avec une élégante austérité et une économie de mouvements, Savall a dirigé une performance « vibrante, riche en contrastes, avec des moments de joie franche, de mélodie sombre ou de passion exaltée », souligne le même quotidien.
Le programme, consacré à trois grandes œuvres du XVIIIe siècle – Naïs de Jean-Philippe Rameau, Don Juan de Christoph Willibald Gluck et la Symphonie n°41 « Jupiter » de Mozart – est devenu un exemple de la capacité unique de Savall à marier rigueur historique, sensibilité et charisme. La Vanguardia souligne « l’apogée des sons baroques » et la fusion de « thèmes resplendissants » dans la Jupiter, tout en mettant en valeur la présence d’instruments tels que la musette de cour, le clavecin et le théorbe, symboles de l’empreinte pionnière de Savall dans la restitution des sonorités originales.
El Punt Avui qualifie le concert de « mémorable », avec un Rameau qui a sonné « transparent, chaud » et étonnamment proche du son d’un orchestre d’instruments d’époque. Le quotidien relève des moments « d’une beauté ineffable » et une lecture de la Jupiter « trépidante et joyeuse », équivalant à la construction de « trois châteaux musicaux de premier ordre ».
En Allemagne, les critiques ont été tout aussi enthousiastes. Der Tagesspiegel définit Savall comme un « grand seigneur » qui dirige Mozart avec une élégance naturelle et interprète la Jupiter « comme un manifeste de la joie de vivre ». Berliner Morgenpost souligne la « sagesse et la chaleur » du chef, qui fait « parler » la musique et laisse Mozart s’exprimer « avec une naturalité extraordinaire ». Cette dernière critique souligne également l’autorité et la délicatesse du maître. Elle met en avant Savall comme un « chef de nuances subtiles » et, dans la Jupiter, il obtient « une interprétation presque idéale » avec la Berliner Philharmoniker, avec une conclusion « riche en détails et contrastes, portée par une vitalité juvénile ». Une fois de plus, un hommage extraordinaire à son style clair, équilibré et profondément musical.
La Philharmonie de Berlin a tenu à honorer Savall par cette triple invitation et a déjà annoncé de nouveaux engagements : le maître reviendra en janvier pour diriger la Karajan-Akademie et en mars il se produira à nouveau avec Le Concert des Nations et La Capella Reial de Catalunya. Une relation artistique qui se consolide comme l’un des dialogues créatifs les plus remarquables du moment.
✨ « La baguette de Savall captive Berlin », écrit La Vanguardia
https://acortar.link/XxNRti
🎶 « Un concert mémorable », dit El Punt Avui
https://acortar.link/aiNJoI
🎩 « L’apparition d’un grand seigneur », ajoute Der Tagesspiegel
https://acortar.link/p6W1Xd
🌟 « Sagesse et chaleur », souligne Berliner Morgenpost
https://acortar.link/9BjVgQ
Partager